Prime de vertu pour refus de prime

Publié le par Alice

4345212770_66fe8b550b.jpg
Le biologiste François Bonhomme, directeur de recherche à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (ISE-M) et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), aurait pu empocher une prime de 15 000€, mais il n'en est rien. Une chose est sûre, ce choix en surprendra plus d'un.



Mais qui est ce fameux Monsieur Bonhomme ? Ne laissons pas durer le suspense trop longtemps. C'est donc un chercheur au CNRS, rattaché à l'Institut d'écologie et environnement, exerçant à Montpellier. Récapitulons : chercheur, humoristique, concerné par le sort de la Terre, digne de sa profession... Encore une qualité et c'est à se demander s'il est humain ce bonhomme.

Or donc, cette prime d'excellence scientifique est légitime. Elle découle d'une médaille d'argent du CNRS dont le scientifique a écopé, pour avoir apporté une contribution exceptionnelle à la recherche.  Un mouvement serait-il en marche contre la concurrence entre scientifiques ? Du moins, il n'est pas le seul a avoir repoussé la mallette alléchante. Didier Chatenay, lui aussi a fait preuve d'intégrité en déclinant sa prime du même montant pour les mêmes raisons. Mais encore, cinq syndicats de chercheurs et le collectif Sauvons l'Université (SLU) demandaient à Valérie Pécresse l'abandon de la prime d'excellence scientifique et ce, fin janvier, en échange d'une augmentation des possibilités de promotion et de postes pour atténuer la précarité frappant les scientifiques français.

Ce refus ne reflète pas un homme qui trépignerait du pied pour faire monter les enchères. Non, il est porteur d'une revendication à laquelle le chercheur est attaché : la protestation contre la politique de différenciation salariale dont les scientifiques sont enclin. Néanmoins, ce dernier n'a pas une vision utopique du sujet, il nuance même son propos : "Je ne me berce pas d'illusions d'un monde égalitaire où, tout le monde étant beau et gentil, chacun concourrait à la réussite collective en étant content de son sort à la place qu’il occupe." Le scientifique n'a pas des dollars à la place des yeux, et d'ailleurs voit plutôt cette prime d'un mauvais oeil : " La culture dite "de l'excellence" [...] me semble plus porteuse d'abus, de déconvenues et d'effets pervers que d'être une simple mise en musique d'un concept vertueux de rémunération au mérite (un peu à la manière du "parce-que je le vaux bien" de l'Oréal...)." Maintenant c'est sûre, il ne travaillera jamais pour la plus grande marque de cosmétiques.

Mais l'honnêteté de Monsieur BONhomme ne s'arrête pas là... Non seulement il boycotte son dû, mais en plus il choisit de le répartir intelligemment en reversant sur quatre années les gains à la Fondation de France qui recueille des dons pour aider les personnes vulnérables, développer la connaissance et protéger l'environnement. Les étoiles dans les yeux apparaissent.

N'empêche ... A votre avis, avait-il les larmes aux yeux en écrivant cette lettre de refus ?
Alice

Publié dans Actualité

Commenter cet article